jeudi 19 novembre 2009

Quelqu'un pourrait-il appeler mon psy ?

Down, down, ce matin je suis ? Down, mais oui. Bravo. Parce qu'hier il était là. Avec moi. Paradoxal, de se sentir triste, un lendemain de complicité.`

Il est mon ami. Mon meilleur ami. Invitation spontanée, fin d'après-midi je l'ai appelé au travail : «Tu veux venir souper avec moi ?» J'apporte le vin, qu'il a dit, enthousiaste. Ainsi sont les amis. Merveilleux !

L'épicerie m'a vue entrer en trombe. Un gros steak pour lui. Il mange sûrement du steak, mon ami. Jamais dévoré un gros steak avec lui... j'sais pas. Ok des légumes, j'en ai. Vite, à la maison !

Petit panier à main de l'épicerie posé sur la table de la cuisine. Shit !... SHI-IT !! J'ai oublié de payer oh fuck...

Ça sent bon, la musique est super, le vin versé dans nos verres. On mange on rit on se regarde dans les yeux on a l'habitude. On parle de tout profondément on a l'habitude. Mais son steak est vraiment gros !
Je le trouve beau il me trouve belle on se le dit. Je l'admire il m'admire on se le dit aussi. C'est ainsi entre nous. Je le vois comme un frère, lui me voit un peu comme sa soeur et me dit être heureux que je sois dans sa vie.
Avant son départ on se planifie un petit joint à fumer prochainement et ainsi va la vie qui continue entre amis.
Tout va bien. Tout est bien qui ne finit même pas. Ça va, là. Ça continue. Serais supposée sauter de joie, non ?

Ce matin... le coeur est lourd. Lui et moi nous faisons des petits pansements. Lui et moi passons le temps, en attendant. Lui et moi rêvons d'amour, mais pas ensemble. Lui et moi sommes complices de la sollitude de l'autre. Il est mon alter ego. Je l'appelle ''mon frère'', il frissonne. L'amour n'est pas la recherche de son alter ego.

Quand je pleure comme une vague qui déferle et qu'au téléphone il me dit viens chez moi, je lui demande s'il me prendra dans ses bras. Il hésite, puis me rassure. ''Oui''. Peut-être a-t-il peur de la même chose que moi ? Les bras ? La chaleur ? Le 5 pieds lové dans le 6 et l'odeur, l'odeur de l'autre ? Promiscuité qui ferait trop mal... entre cet homme et cette femme, amis-de-tristesse en manque d'amour depuis toujours. Je vais chez lui mais jamais, jamais ne lui redemande ses bras. La thérapie serait trop douloureuse. Non seulement ma vague déferlerait, je me noierais. Ma vie tourne autour de ce principe si charmant : personne n'entrera jamais dans ma vulnérabilité ! Je tremble quand je chante sur scène parce que c'est ce qu'on verra, de moi. Je suis VUL-NÉ-RA-BLE-MER-DE ! Vaut mieux ne pas aller trop souvent sur scène oui voilà. Vaut mieux ne pas envoyer le manuscrit. Vaut mieux ne pas vraiment écrire. Vaut mieux ne pas rencontrer trop de nouveaux monde. Vaut mieux ne pas se faire de contacts. Pis, vaut mieux payer son psy que de les emmerder ici !

En attendant qu'on me traite de pathétique finie, je vais écouter Wish you were here encore et encore en me rongeant les ongles, rêver que l'homme qui me soit le plus merveilleusement acoquiné me fasse l'amour tous les jours, m'apporte mon café au lit comme dans ma chanson favorite et... me prenne dans ses bras.

mercredi 11 novembre 2009

Rage au volant, montre-moué tes dents

Ça fait quoi une comédienne qui a pas de job ? Ça fait quoi une artiste de la scène qui regarde pus son agenda parce qu'y a rien d'écrit dedans ? Ça fait quoi une auteure qui a pas une cenne qui s'assit pour retravailler un manuscrit ? Ça reste assis 10 minutes, ça se lève, ça se ronge les ongles, ça se met à brailler c'est pathétique. Ça pense au prochain loyer. Ça s'étouffe dans son asthme de stress, ça pleure un bon coup avant d'appeler ses amis, ça pleure un bon coup AVEC ses amis, ça crie que ça se sent nuuuuuulle pis qu'estie à quoi ça sert de faire ce métier-là... Après... ben après, oui, ça s'en va se chercher une job. La job ALIMENTAIRE. La job à temps partiel qui va juste permettre de souffler un peu... pour laisser remonter la foi.
Ça fait que c'est ça. Ça met ses belles tite-bottines flashy à talon juste assez sexy, pis ça s'en va vendre ses talents de serveuse.

Fin du récit en ÇA.

Je... Je rentre dans un resto qui paye pas de mine, 'ec mes belles bottines. La gérante a mon cv devant elle. Elle le regarde pas. Elle m'examine. Pendant que moi, ''je lui vends mes services'' en usant de ma verve (soit dit en passant ben plus riche que mon portefeuille). Mon cv est sur la table. Je viens de lui dire que je me cherche un emploi de serveuse. Voici qu'elle me pose la question la plus intelligente qu'on puisse oser dans les circonstances : «AVEZ-VOUS des disponibilités ?» Euh... Euh... attendez-là, vous, euh... Non. Non. Ça me vient pas, là. Ça me tentait de distribuer des cv aujourd'hui he he he he rire niaiseux. J'ai tellement de temps à tuer que... non, j'suis pas disponible. Jamais. Appelez-moué pas.
'A l'a-tu vu dans ma face d'effrontée naturelle que je la trouvais nouille ? Je me suis contentée de répondre un oui, en lui donnant les détails de mes-dites disponibilités.

Journée-je-me-cherche-un-blow-job -wouéyons estie- journée-je-me-cherche-une-job terminée, la soirée commence. Voici un compte-rendu du début de soirée de l'effrontée frustrée qui a failli sacrer un crisse de grand coup de poing au gros plein de marde assis dans son char beige :

Cuisine chez ma chum, manteau dézippé 'pas avoir trop chaud ok merci oh tu me dépannes oui réunion de parents à la garderie, cool, j'vais être revenue avant sept heures. Oh shit ça klaxonne dans'ruelle, attends ti-pet, je reviens. ¸
Descends les escaliers OUI OUI OUI ESTIE NON MAIS ARRÊTE DE KLAXONNER !

-Non mais on ne-se-stationne-pas-làààààà ! C'est pas un stationnement, dit-il avec son accent-à-la-j'embrasse-Allah.

Je lui rends visite près de SON chaaaar. Belle fenêtre ouverte mmmm... juste parfaite pour 'y faire entendre mon talent de conteuse :

- J'suis PAS, stationnée. C'est pas la peine de klaxonner pendant deux heures ! 'Viens reconduire mon fils chez sa gardienne. Voulez-vous garder mon fils, monsieur ?

'Y se sent cheap. He ! Sa face ment pas : 'y se sent cheap ! Y a certainement quèqu'un quèque part qui m'a montré à faire ça... All right ! 'Y se sent cheap, désolé, 'y s'est énarvé un peu là eille hein ben oui. 'Y me fait un doux signe de la main en me disant :

- Allez-y, Madame.

Ben çartain que j'vas y aller tu croiras pas à ça ! Le pied sur la clotche, crissement de pneus, freine juste avant d'y écraser sa porte arrière - t'as raison mon tarlet : c'est étrette, les ruelles - astheure nos deux fenêtres sont face... à... face... Houuuu... Je baisse ma vitre et, comme une cowgirl en manque de spectacle, je flatte : «Fuck you».

Non 'y se sent pus cheap. Là 'y se dit qu'y a juste eu affaire à une folle. C'est ça son drame, à lui.

M'en vais me parker socialement correct, r'rentre chez ma chum. Bisous. Bisous, mon garçon. À tantôt.

dimanche 8 novembre 2009

Donne-moi un baiser

Il faudrait que tu viennes pendant que je suis là, tu sais. Pendant que je t'attends, là ici. Il faudrait que tu me dises que t'es prêt. Que t'adore cette musique, toi aussi, pis que t'en peux pus de me voir l'écouter tu-seule... tu veux ? Que tu me vois pleurer, que ça te dérange pas. Il faudrait que tu viennes ce soir mon amour, tu comprends ? J'en peux pus de tapper du pied.

Et pis oui, si tu m'embrasses, je vais pleurer plus fort MERDE ! Qu'est-ce ça fout ? Et pis peut-être encore que je me jetterai dans le sexe. Quand mon coeur est paumé. Toute petite gamine qui cherche le pénis de son papa. Et tes mains, sur moi.

Viens.

vendredi 30 octobre 2009

Brèche à la loi 101

Marie-France Bazzo, BazzoTv. On parle de la brèche dans la loi 101 (Cour Suprême du Canada). La discussion est à mon avis TRÈS sensée.
Trois journalistes en présence, dont Vincent Marissal, que j'aime beaucoup (La Presse).
Voici l'émission (Au début, c'est l'entrevue avec René-Richard Cyr et tout de suite après, sujet de la loi 101) :
http://video.telequebec.tv/video/2072

jeudi 29 octobre 2009

Mes libidineuses

Si je me couchais sur la botte de brins de folie que mes amies de fille ont dans le corps , je dormirais pas de la nuit tellement ça me démangerait.

Elles sont folles, mes amies. (Il faut dire que je leur rends la pareille de bien des façons oh la la merci, je me flatte la bédaine, pleine de fierté)

La folie, c'est l'imagination en concentré, gardée dans un p'tit flacon : t'en as besoin d'une seule goutte pour péter le *tripantisme ! Je pète, tu pètes, mes amies pètent tout le temps.

*tripantisme = forme de ce qui est tripant (Vous aviez compris ?)

Elles sont bâties sur une charpente de coquineries pleines d'inspiration pour mes moments dits... littéraires...

Pendant que je prends soin de mon caractère de femme émancipée en allant conter avec d'autres crakpots le jeudi soir, l'une de ces amies à moi - si bien nantie en imagination - vient garder mon fiston (et lui remplit sûrement les oreilles de toutes sortes de folichonneries - qu'il lui rend inmanquablement oh la la je me flatte la bédaine, pleine de fierté - )
... Mais l'affaire, là, tchuuuuut... c'est qu'avant d'arriver, elle me trempe les oreilles dans sa sauce à espiègleries : à mon retour, elle ira rejoindre l'amant. Le grand ! Parce qu'hier, l'amant a fait le méchant. Il ne l'a pas baisée plus d'une fois. Juste une agace, qu'elle dit.
Pendant que mon joyeux luron fera rouler ses billes sur le plancher de bois franc en donnant sûrement des envies de sacrer au voisin d'en bas, elle, elle songera à son point G. Aaahhh fiston chéri, t'es chanceux, tu sais...

Elles sont libidineuses, mes amies (ne suis-je pas piquée des vers dans ce domaine-là moi aussi ? Oh la la me voilà bédaine bien flattée).

Et pis... je lui dis ! - à elle, pis d'ailleurs à toutes les autres folles qui partagent mes confidences - , que moi aussi ! j'en ai eu des nuits qui n'en finissaient plus de sexe torride ! De toute façon je sais pas pourquoi je me tue à leur répéter non mais c'est vrai c'est quoi mon problème elles en ont TELLEMENT entendu parler...
La plupart des folles ont des orgasmes à répétition. Ô toi qui me disais que je t'épuisais... Tu m'as dit lors d'une de ces nuits oui que tu te vangerais, que tu me réveillerais à 5 heures du matin... que j'en croirais pas mes fesses ! (En passant c'est pratique, les insomniaques...)

Et pis, mon amie, tu veux savoir si mon attaquant tenait ses promesses ? Oui mon amie tiens dans les dents ! Ça fait qu'à soir ma cochonne fais pareil : manque-le pas, ton amant !

P.S. Je reviendrai à 22h00, tapant.
... Le jour où j'aurai un nouvel amant, je viendrai garder ta coloc !