Down, down, ce matin je suis ? Down, mais oui. Bravo. Parce qu'hier il était là. Avec moi. Paradoxal, de se sentir triste, un lendemain de complicité.`
Il est mon ami. Mon meilleur ami. Invitation spontanée, fin d'après-midi je l'ai appelé au travail : «Tu veux venir souper avec moi ?» J'apporte le vin, qu'il a dit, enthousiaste. Ainsi sont les amis. Merveilleux !
L'épicerie m'a vue entrer en trombe. Un gros steak pour lui. Il mange sûrement du steak, mon ami. Jamais dévoré un gros steak avec lui... j'sais pas. Ok des légumes, j'en ai. Vite, à la maison !
Petit panier à main de l'épicerie posé sur la table de la cuisine. Shit !... SHI-IT !! J'ai oublié de payer oh fuck...
Ça sent bon, la musique est super, le vin versé dans nos verres. On mange on rit on se regarde dans les yeux on a l'habitude. On parle de tout profondément on a l'habitude. Mais son steak est vraiment gros !
Je le trouve beau il me trouve belle on se le dit. Je l'admire il m'admire on se le dit aussi. C'est ainsi entre nous. Je le vois comme un frère, lui me voit un peu comme sa soeur et me dit être heureux que je sois dans sa vie.
Avant son départ on se planifie un petit joint à fumer prochainement et ainsi va la vie qui continue entre amis.
Tout va bien. Tout est bien qui ne finit même pas. Ça va, là. Ça continue. Serais supposée sauter de joie, non ?
Ce matin... le coeur est lourd. Lui et moi nous faisons des petits pansements. Lui et moi passons le temps, en attendant. Lui et moi rêvons d'amour, mais pas ensemble. Lui et moi sommes complices de la sollitude de l'autre. Il est mon alter ego. Je l'appelle ''mon frère'', il frissonne. L'amour n'est pas la recherche de son alter ego.
Quand je pleure comme une vague qui déferle et qu'au téléphone il me dit viens chez moi, je lui demande s'il me prendra dans ses bras. Il hésite, puis me rassure. ''Oui''. Peut-être a-t-il peur de la même chose que moi ? Les bras ? La chaleur ? Le 5 pieds lové dans le 6 et l'odeur, l'odeur de l'autre ? Promiscuité qui ferait trop mal... entre cet homme et cette femme, amis-de-tristesse en manque d'amour depuis toujours. Je vais chez lui mais jamais, jamais ne lui redemande ses bras. La thérapie serait trop douloureuse. Non seulement ma vague déferlerait, je me noierais. Ma vie tourne autour de ce principe si charmant : personne n'entrera jamais dans ma vulnérabilité ! Je tremble quand je chante sur scène parce que c'est ce qu'on verra, de moi. Je suis VUL-NÉ-RA-BLE-MER-DE ! Vaut mieux ne pas aller trop souvent sur scène oui voilà. Vaut mieux ne pas envoyer le manuscrit. Vaut mieux ne pas vraiment écrire. Vaut mieux ne pas rencontrer trop de nouveaux monde. Vaut mieux ne pas se faire de contacts. Pis, vaut mieux payer son psy que de les emmerder ici !
En attendant qu'on me traite de pathétique finie, je vais écouter Wish you were here encore et encore en me rongeant les ongles, rêver que l'homme qui me soit le plus merveilleusement acoquiné me fasse l'amour tous les jours, m'apporte mon café au lit comme dans ma chanson favorite et... me prenne dans ses bras.
J'ai le goût de me battre
Il y a 7 heures